Nouvelles du front #3

Ici la guerre est finie.

Il reste les décombres, mais les rafales sont passées.

J’ai eu peu de temps pour vous faire un rapport journalier tel que je l’avais envisagé au départ. Comme de fait mercredi fut une journée particulièrement déroutante… Jeudi et vendredi furent consacrées au cartons, pas vraiment le temps de palabrer.

Samedi c’était le déménagement; et quel déménagement!

C’est dans ces moments que tu réalise à quel point tu peux entasser, stocker, emmagasiner. Et tes amis le réalisent aussi. Comment vous dire à quel point nous avons été entouré aidé et choyé! Ils ont tous répondu présents, même sans qu’on leur demande certains sont venus. Personne n’était de trop! Sourires aux lèvres, bonne humeur et bienveillance. Mille mercis, sans vous on se serait pendu!

Nous avons été déporté dans notre camp de secours, comprenez notre nouvelle maison, où règne un chaos agréable et presque familier. Si vous venez tout le monde peut s’y sentir chez lui tant la décoration est hétéroclite! Moi qui prône l’ordre et le rangement autant vous dire que je suis bien mise à mal, et vous savez quoi? Je m’en carre! On y est, dans un bordel monumental, un fouillis intergalactique, un chez nous pas fini.

Avoir une maison, à soi je veux dire, c’est un peu comme avoir son premier enfant. On pense savoir à quoi s’attendre, on projette, on visualise, on conceptualise et puis on va de surprise en surprise. On apprend la patience et la tolérance, deux qualités sur lesquelles je travaille ardemment et on se dit que rien n’égale le temps qu’on se donne.

Maintenant on doit faire de cette construction un cocon, notre home sweet home. Celle où on recevra nos amis, nos familles, celle qui va voir grandir mon fils, où je veux mitonner de bons petits plats, rire, m’envoyer en l’air et chanter faux sous ma douche…, à moi!

Je peux faire des trous, peindre les murs en kaki, péter toutes les cloisons qui me chante et sauter aussi fort que je veux par terre. Je m’en fous je suis chez moi! On a une cuisine sans porte de placard en commande je vous rassure, une salle de bain sans lavabo, plus pour longtemps, un garage bondé, des dressing remplis de cartons, des traces de pas partout et on dort dans des lits pliants! Je vous sens frissonner de jalousie!

M’en fous!

Ici la guerre est finie et nous sommes au milieu des décombres.

Ailleurs il y a des vraies guerres où même les décombres n’existent plus.

Alors de quoi pourrais-je me plaindre? Nous avons des familles aimantes et généreuses, qui nous aident et nous aime. Nous avons des amis fantastiques, même nos voisins sont top!

Dorénavant, je vous parlerez de nos nouvelles aventures mais avec un autre nom.

Ici, la guerre est finie et nous allons être heureux.

Je vous embrasse ❤

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